Shakespeare's Commentary on Immigration
Tout se passe il y a 400 ans, euh,
euh, et à Londres, il y a, il y a
une émeute. Une foule est dans les rues,
et ils
se plaignent de la présence
d'étrangers à Londres,
par quoi ils entendent les récents, euh,
immigrants qui y sont arrivés.
Et ils crient à tue-tête, se plaignent et disent
que les immigrants
devraient être renvoyés
chez eux, d'où qu'ils viennent.
Et, euh,
les autorités dépêchent alors le jeune
avocat Thomas More pour réprimer l'émeute,
ce qu'il fait de deux manières.
D'abord, en, euh, disant que v- vous
ne pouvez pas vous émeuter ainsi,
c'est illégal, alors taisez- vous,
faites silence.
Euh, et aussi, puisque c'est de Shakespeare,
en faisant appel
à leur humanité.
Donc, pour planter le décor,
il nous faut vraiment quelqu'un qui crie
que les étrangers
devraient être expulsés.
Quelqu'un peut faire ça?
Les étrangers devraient être expulsés.
Accordez qu'ils soient expulsés.
Et accordez que ce vacarme
ait fait taire toute la
majesté d'Angleterre.
Imaginez que vous voyez les
malheureux étrangers, leurs
bébés sur le dos, avec leurs maigres bagages,
cheminant péniblement vers les ports
et les côtes pour être embarqués,
et que vous siégez en rois selon vos désirs,
l'autorité réduite au silence
par votre rixe,
et vous revêtus de la rudesse de vos opinions.
Qu'auriez-vous obtenu ?
Je vais vous le dire.
Vous auriez enseigné comment l'insolence et
la force devraient prévaloir,
comment l'ordre devrait
être étouffé.
Et sur ce modèle, aucun de vous ne
vivrait jusqu'à un âge avancé,
car d'autres vauriens, suivant
leurs caprices, avec les mêmes mains,
la même raison
et le même
droit,
fondraient sur vous, et les hommes,
comme des poissons voraces,
vous repaître les uns des autres.
Vous abattrez des étrangers,
les tuerez,
leur trancherez la gorge,
vous emparerez de leurs maisons.
Ô vous qui êtes désespérés,
lavez vos esprits souillés de larmes.
Et ces mêmes mains que vous,
tels des rebelles, levez contre la paix,
levez-les pour
la paix. Et vos genoux irrévérencieux,
faites- en vos pieds pour
vous agenouiller et être pardonnés.
Et dites maintenant que le roi,
dans sa clémence, si le coupable se repent,
devrait être si loin
de votre grand forfait qu'il
ne fasse que vous bannir.
Où iriez-vous ?
Quel pays, par la nature de votre faute,
vous offrirait refuge?
Allez en France
ou en Flandre, dans quelque province allemande,
en Espagne ou au Portugal, voire,
n'importe où qui ne soit pas attaché à l'Angleterre.
Car
vous seriez forcément des étrangers.
Vous plairait-il
de trouver une nation au t- tempérament si barbare que,
se déchaînant dans
une violence atroce,
ne vous accorderait pas de demeure sur terre?
Aiguiseraient leurs odieux
couteaux contre vos gorges,
vous repousseraient comme des chiens,
comme si Dieu ne vous reconnaissait
ni ne vous avait créés,
ni comme si les éléments n'étaient pas
tous faits pour votre bien-être, mais
concédés à eux seuls.
Que penseriez-vous
si l'on vous traitait ainsi ?
Tel
est le cas des étrangers,
et telle est
votre inhumanité
sauvage.
William Shakespeare, il y a 400 ans.
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Original transcript (English)
It's all happening 400 years ago, uh, uh, and in London there's a, there's a riot happening. There's a mob out in the streets, and they're complaining about the, the presence of
strangers in London, by which they mean the recent, uh, immigrants who've arrived there. And they're shouting the odds and complaining and saying that the immigrants
should be sent back home, wherever they came from. And, uh, the authorities send out this young lawyer, Thomas More, to put down the riot,
which he does in two ways. One, by, uh, saying that y- you can't riot like this, it's against the law, so shut up, be quiet.
Uh, and also, being by Shakespeare, with an appeal, uh, to their humanity. So in order to set it up, we really need somebody to shout
that the strangers should be removed. Could someone do that? The strangers should be removed. Grant them removed.
And grant that this your noise hath chid down all the majesty of England. Imagine that you see the wretched strangers, their
babies at their backs, with their poor luggage, plodding to the ports and coasts for transportation, and that you sit as kings in your desires, authority quite silenced
by your brawl, and you in rough of your opinions clothed. What had you got? I'll tell you. You had taught how insolence
and strong hands should prevail, how order should be quelled. And by this pattern, not one of you should live an aged man,
for other ruffians, as their fancies wrought, with self same hands, self reason, and self right
would shark on you, and men, like ravenous fishes, feed on one another. You'll put down strangers, kill them,
cut their throats, possess their houses. Oh, desperate as you are, wash your foul minds with tears. And those same hands that
you, like rebels, lift against the peace, lift up for peace. And your unreverent knees, make them your feet to kneel to be forgiven.
And say now the king, as he is clement, if the offender mourn, should so much come too short of your great trespass as but to banish you.
Whither would you go? What country, by the nature of your error, should give you harbor? Go you to France or Flanders, to any German province,
Spain or Portugal, nay, anywhere that not adheres to England. Why, you must needs be strangers. Would you be pleased
to find a nation of s- such barbarous temper, that, breaking out in hideous violence, would not afford you an abode on earth? Whet their
detested knives against your throats, spurn you like dogs, and like as if that God owned not nor made not you, nor that the elements were not
all appropriate to your comforts, but chartered unto them. What would you think to be thus used? This
is the strangers' case, and this your mountainish inhumanity. William Shakespeare, 400 years ago.